Écologie

Community-Led Medicinal Plant Knowledge Hub

Community-Led Medicinal Plant Knowledge Hub

3 sept. 2026

Restaurer la biodiversité, autonomiser les femmes et préserver les savoirs traditionnels dans le Moyen Atlas

Une initiative portée par Samuel Acho, étudiant à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), en collaboration avec l’Association Ibn Al Baytar (AIB), dans le cadre du programme Seed to Lead.

Les plantes aromatiques et médicinales (PAM) occupent une place importante dans les systèmes de connaissances traditionnelles des communautés rurales du Moyen Atlas. Transmises de génération en génération, les connaissances relatives à leur identification, à leurs usages et à leurs modes de valorisation constituent un patrimoine bioculturel précieux, contribuant à la préservation des pratiques locales et à la valorisation des ressources naturelles.

Toutefois, la transmission de ces savoirs, leur documentation et leur articulation avec les enjeux contemporains de conservation de la biodiversité représentent des défis importants. Dans ce contexte, le développement d’approches associant les connaissances des communautés locales, la recherche scientifique et les outils numériques constitue une perspective prometteuse pour préserver ce patrimoine et en assurer la transmission aux générations futures.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet « Community-Led Medicinal Plant Knowledge Hub: Restoring Biodiversity, Empowering Women and Preserving Traditional Knowledge », porté par Samuel Acho, étudiant à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), dans le cadre du programme Seed to Lead, en collaboration avec l’Association Ibn Al Baytar (AIB).

Ce projet vise à mettre en place une plateforme communautaire de connaissances sur les plantes médicinales, en plaçant les communautés locales au cœur de la préservation des savoirs traditionnels, de la restauration de la biodiversité et de la valorisation durable des ressources végétales.

Une approche intégrée associant connaissances locales et recherche scientifique

Le projet vise à documenter et à préserver les savoirs traditionnels associés aux plantes aromatiques et médicinales dans le Moyen Atlas, tout en encourageant des pratiques de culture durable. Il prévoit également le développement d’un espace numérique destiné à structurer, conserver et partager les connaissances recueillies.

Cette démarche favorise la complémentarité entre les savoirs ethnobotaniques détenus par les communautés locales et les approches scientifiques mobilisées pour étudier et valoriser les ressources végétales. Elle contribue ainsi à reconnaître la valeur des connaissances traditionnelles tout en favorisant leur transmission et leur appropriation par les nouvelles générations.

La plateforme numérique envisagée constitue un outil de documentation et de diffusion des connaissances. Elle a vocation à faciliter les échanges entre les communautés locales, les étudiants et les chercheurs, tout en soutenant les initiatives de recherche et de valorisation durable des plantes médicinales.

Des enjeux écologiques, sociaux et économiques

Le projet repose sur une approche qui associe la conservation de la biodiversité, la valorisation des connaissances traditionnelles et le renforcement du rôle des femmes dans les dynamiques de développement local.

Sur le plan écologique, la promotion de pratiques de culture et de gestion durables peut contribuer à limiter la pression sur les ressources végétales spontanées et à encourager une utilisation raisonnée de la biodiversité, en tenant compte des capacités de régénération des espèces et des spécificités des écosystèmes locaux.

Sur le plan social, l’initiative accorde une importance particulière à la reconnaissance du rôle des communautés rurales, notamment des femmes, dans la détention, la transmission et la valorisation des savoirs traditionnels. Leur participation aux démarches de documentation et de partage des connaissances constitue un levier essentiel pour préserver ce patrimoine vivant et renforcer leur contribution aux initiatives locales.

Sur le plan économique, les plantes aromatiques et médicinales représentent un potentiel de diversification des activités rurales, notamment à travers leur culture durable, leur transformation et leur commercialisation. Leur valorisation peut ainsi contribuer au développement d’activités génératrices de revenus et au renforcement de l’autonomie économique des femmes, sous réserve de pratiques responsables et d’une gestion durable des ressources naturelles.

Une collaboration au service du développement territorial durable

La collaboration entre l’Association Ibn Al Baytar et l’UM6P illustre l’importance des partenariats entre les organisations de la société civile et les institutions universitaires pour rapprocher la recherche scientifique des réalités territoriales.

En favorisant les échanges entre communautés locales, étudiants et chercheurs, cette initiative encourage le dialogue entre différentes formes de connaissances et la construction de solutions adaptées aux enjeux environnementaux et socio-économiques des territoires ruraux.

Pour l’Association Ibn Al Baytar, cette démarche s’inscrit dans une vision intégrée de la conservation de la biodiversité, fondée sur la valorisation durable des ressources naturelles, la reconnaissance des savoirs locaux et le renforcement des capacités des communautés.

L’association remercie Samuel Acho, l’UM6P ainsi que les étudiants ayant contribué aux missions de terrain pour leur engagement dans cette initiative.

Préserver un patrimoine vivant pour les générations futures

La préservation des plantes aromatiques et médicinales ne peut être dissociée de celle des connaissances, des pratiques et des relations sociales qui leur sont associées. En favorisant la documentation des savoirs traditionnels, leur transmission et leur valorisation durable, le projet « Community-Led Medicinal Plant Knowledge Hub » contribue à renforcer les liens entre biodiversité, patrimoine culturel et développement territorial.

À travers cette initiative, l’Association Ibn Al Baytar réaffirme l’importance d’une approche participative dans laquelle les communautés locales sont reconnues comme des actrices essentielles de la conservation et de la transmission des savoirs.

Préserver les savoirs traditionnels, restaurer la biodiversité et renforcer l’autonomie des femmes : trois leviers complémentaires pour construire un avenir plus durable pour les communautés du Moyen Atlas.