Biodiversité
24 juil. 2026

Quand la recherche scientifique rencontre les savoirs locaux pour préserver les PAM du Moyen Atlas
Les plantes aromatiques et médicinales (PAM) constituent l'une des richesses les plus remarquables du Moyen Atlas. Véritables réservoirs de biodiversité, elles jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes, la conservation des sols, la pollinisation, ainsi que dans le maintien des savoirs traditionnels et des moyens de subsistance des communautés rurales. Pourtant, ce patrimoine naturel est aujourd'hui confronté à de multiples pressions : changement climatique, sécheresses répétées, surexploitation des ressources naturelles et disparition progressive des habitats.
Consciente de ces enjeux, l'Association Ibn Al Baytar a inscrit la conservation des PAM au cœur du projet « Valorisation et gestion durable de la biodiversité par la participation active et inclusive des communautés locales de Timahdite ».

L'une des premières étapes du projet a consisté à réaliser une étude ethnobotanique approfondie, menée en collaboration avec l'Université Mohammed V de Rabat. Pendant un mois, deux doctorantes ont travaillé aux côtés des communautés locales de Timahdite afin d'inventorier les plantes aromatiques et médicinales du territoire, de documenter leurs usages traditionnels, d'identifier les espèces d'intérêt écologique et de recueillir les connaissances locales transmises de génération en génération. Cette étude a permis d'établir une base scientifique solide pour orienter les actions de conservation et de valorisation des ressources végétales locales.
Dans la continuité de ce travail de recherche, le projet entre aujourd'hui dans une nouvelle phase consacrée à la valorisation et à la protection des plantes aromatiques et médicinales du Moyen Atlas. Pour atteindre cet objectif, l'Association Ibn Al Baytar accompagne les communautés locales dans la multiplication des PAM grâce à la technique du bouturage (multiplication végétative). Cette méthode permet de reproduire des plantes à partir de fragments de tiges, tout en préservant les caractéristiques génétiques des espèces locales et en favorisant leur régénération. Elle constitue une solution particulièrement adaptée à la conservation des espèces emblématiques et menacées du territoire.

Au-delà de son intérêt technique, cette approche contribue à réduire la pression exercée sur les populations naturelles. En développant des plants au sein de pépinières communautaires, les habitants disposent progressivement d'une alternative durable à la collecte intensive dans les milieux naturels. Les espèces les plus sensibles peuvent ainsi être restaurées tout en assurant leur disponibilité pour les générations futures.
Cette démarche s'inscrit pleinement dans une vision de conservation participative, où les connaissances scientifiques complètent les savoirs locaux transmis de génération en génération. Les habitants de Timahdite deviennent ainsi des acteurs de la préservation de leur patrimoine végétal en participant à la multiplication, au suivi et à la valorisation des espèces emblématiques de leur territoire.

À travers cette initiative, l'Association Ibn Al Baytar démontre que la protection de la biodiversité ne se limite pas à la conservation des espèces dans leur milieu naturel. Elle repose également sur le renforcement des capacités des communautés, la transmission des connaissances, la restauration écologique et la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature, conciliant conservation, développement local et résilience face au changement climatique.
Préserver les plantes aromatiques et médicinales du Moyen Atlas, c'est préserver un patrimoine biologique, culturel et économique unique. En transformant les résultats de la recherche scientifique en actions concrètes sur le terrain, l'Association Ibn Al Baytar contribue à construire un modèle de gestion durable où la biodiversité devient un véritable levier de développement pour les communautés locales.
